Le syndrome des jambes sans repos existe aussi chez les enfants !

Déc 27, 2019 par

Estimée à 8,5 % chez les adultes, la prévalence du syndrome des jambes sans repos (SJSR) est de 2 à 4 % chez les enfants. Parfois attribué à des douleurs de croissance, le diagnostic du SJSR est différent : les douleurs s’améliorent lors des mouvements et ne sont pas présentes en permanence. Souvent associé avec un trouble de déficit de l’attention, nous faisons le point sur cette pathologie.

syndrome des jambes sans repos

La présence de trois symptômes pour son diagnostic

Chez l’enfant, le SJSR se manifeste de la même manière que chez l’adulte, par un besoin urgent et irrésistible de bouger les jambes. Ce besoin, associé à de désagréables sensations au niveau des membres inférieurs tels que picotements, fourmillements, tiraillements, sensations de décharge peut entraîner chez l’enfant :

  • Des troubles du sommeil : avec des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes, entraînant alors fatigue, troubles de l’humeur et de la concentration
  • Une agitation des jambes durant le sommeil
  • La présence du syndrome dans la famille : père, mère, frère ou sœur

Le besoin urgent de bouger les jambes, associé à deux des symptômes décrits doit orienter le diagnostic vers celui du SJSR.

Souvent confondu ou associé à d’autres pathologies

Les douleurs de croissance

En France, 1/3 des enfants de 3 à 12 ans sont victimes de douleurs de croissance. Ces douleurs, qui peuvent durer de quelques minutes à plusieurs heures, surviennent le plus souvent en fin de journée et pendant la nuit. Elles sembleraient par ailleurs plus fréquemment se déclarer suite à une activité physique plus importante qu’à l’ordinaire. En réalité, il n’existe à l’heure actuelle encore aucune preuve que ces douleurs soient dues à la croissance. Plus révélatrices d’une fibromyalgie (rhumatisme musculaire) ou du SJSR, les causes des douleurs de croissance sont encore à l’étude.

Le trouble du déficit de l’attention

Relativement fréquent chez l’enfant (de 4 à 6% en Europe), ce trouble associe une inattention, une impulsivité et une hyperactivité motrice inadaptée à l’environnement de l’enfant. Cette agitation, qui se poursuit au moment du coucher et durant le sommeil, peut ainsi masquer le SJSR, car l’enfant, en perpétuel mouvement, n’en ressentirait pas les symptômes. Il est alors difficile de le diagnostiquer, les symptômes étant assez comparables.

Une pathologie due à des insuffisances

Aujourd’hui, les mécanismes exacts de la maladie restent encore assez mal connus. En revanche, deux éléments semblent jouer un rôle important dans son déclenchement :

  • Une carence en fer
  • Une insuffisance en dopamine, cette substance qui permet la transmission de l’information entre les cellules du système nerveux

Cette pathologie, pouvant être héréditaire, peut également apparaître suite à certaines maladies chroniques comme le diabète ou à la prise de certains médicaments comme les antidépresseurs.

Le traitement du SJSR

Diagnostiqué à l’aide du résultat d’une prise de sang révélant une carence en fer et à une polysomnographie, qui enregistrera au cours du sommeil une activité des jambes, son traitement pourra être mis en place. Le médecin, selon les besoins, pourra :

  • Prescrire du fer
  • Prescrire de la dopamine
  • Prodiguer des conseils hygiéno-diététiques comme éviter les écrans le soir, faire prendre à l’enfant un bain relaxant, ne pas lui faire pratiquer une activité physique avant le coucher, des massages ou encore mettre en place une atmosphère propice à la relaxation et à la détente avant le coucher.

À savoir ! La polysomnographie est un examen médical consistant à enregistrer, au cours du sommeil du patient, plusieurs variables physiologiques (rythme respiratoire, rythme cardiaque, électroencéphalogramme, électromyogramme…) afin de déterminer certains troubles liés au sommeil.

Le SJSR est donc une maladie neurologique chronique et progressive. Débutant dans l’enfance chez 40% des adultes atteints, il est important de la diagnostiquer tôt afin de bien la prendre en charge et d’éviter au maximum par la suite une dégradation latente du sommeil et une perturbation de la vie sociale. De mieux en mieux documentée, cette pathologie verra sans doute dans les années à venir une meilleure prise en charge personnalisée.

Lire aussi Traitement du SJSR

Juliette S., Rédactrice scientifique

– Douleurs de croissance chez l’enfant: faut-il s’inquiéter ? Le figaro.fr.Consulté le 18 décembre 2019.
– Syndrome des jambes sans repos et hyperactivité motrice. HyperSupers TDAH France.Consulté le 18 décembre 2019.
– Syndrome des jambes sans repos : diagnostic et traitement. Ameli.fr. Consulté le 18 décembre 2019.
– Une personne insomniaque sur dix souffre aussi d’un syndrome des jambes sans repos. Le figaro.fr. Consulté le 18 décembre 2019.
Juliette S.
Sage femme
Rédactrice spécialisée dans la santé de la femme en âge de procréer
Passionnée par les domaines du bien-être et de l'écologie
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