Syndrome des jambes sans repos peut affecter la qualité de vie !

Août 11, 2019 par

Fourmillements, démangeaisons, picotements… le syndrome des jambes sans repos (SJSR) touche presque 10% des adultes et jusqu’à 4% des enfants. D’origine neurologique, et nommée également maladie de Willis-Ekbom, ce syndrome des jambes sans repos affecte grandement la qualité de vie des patients qui en souffrent. Quelles sont ses causes et les pistes thérapeutiques à privilégier ? Santé sur le Net vous dévoile quelques éléments de réponse.

SJSR

Aperçu de la maladie de Willis-Ekbom

Lors du repos, en position assise ou allongée, certaines personnes peuvent ressentir des sensations désagréables (dysesthésies) dans les jambes comme des petites décharges électriques, des fourmillements, des brûlures et/ou une démangeaison. Ce sont les premiers signes cliniques du SJSR.

À savoir ! Les dysesthésies sont des sensations anormales (exagération ou diminution de la sensibilité) provoquées par un stimulus ou le contact. Elles peuvent être plus ou moins pénibles, ou très douloureuses.

Ce qu’il est important de savoir, c’est que ce syndrome des jambes sans repos (SJSR) ne touche pas tous les patients de la même façon : certains souffrent ponctuellement tandis que d’autres les subissent en permanence dans les situations déclenchantes.

La maladie présente deux formes dont la forme primaire dans laquelle il est impossible d’identifier les causes et la forme secondaire caractérisée par un facteur déclanchant précis comme la prise de médicaments (antidépresseurs par exemple) ou toxiques, des maladies (insuffisance rénale chronique, la polyarthrite rhumatoïde, le diabète, des neuropathies) ou des carences.

Lorsque le mal-être au niveau des jambes est trop intense, la personne se sent obligée d’aller marcher. Des étirements et des massages peuvent aussi soulager les douleurs.

Au quotidien, le SJSR est très contraignant car il :

  • Occasionne des douleurs pénibles et répétitives au niveau des jambes ;
  • Empêche l’endormissement ou provoquer un réveil dans la nuit ou lors d’une sieste ;
  • Rend le patient dans l’impossibilité de rester assis longtemps au travail ou pendant un repas ou encore lors d’une séance de cinéma ou pendant un spectacle.

Les pistes thérapeutiques pour faire reculer le SJSR

Ce syndrome lié aux systèmes nerveux peut être dû à une carence en fer ou en dopamine.

Dans le cas d’une carence en fer, détecté grâce à la mesure du taux de ferritine présent dans le sang, le risque de développer la maladie de maladie de Willis-Ekbom est multiplié par un facteur 6.

À savoir ! Le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) contient 30 à 40 mg de fer, soit 1 % du total de l’organisme. Cependant, le fer reste le métal le plus abondant dans cet organe. Il entre dans de nombreux processus cellulaires comme la production énergétique, la synthèse et la réparation de l’ADN, les fonctions mitochondriales (centrales énergétiques des cellules), le métabolisme des phospholipides, la synthèse de la myéline (gaine entourant les fibres nerveuses), la synthèse et le métabolisme de neurotransmetteurs

En consommant plus de fer dans son alimentation (lentilles sèches, moule, abricot sec, haricot blanc sec, viandes, etc.) ou en prenant des compléments alimentaires, le patient pourra voir ses symptômes reculer nettement, voire disparaître.

Par ailleurs, ce SJSR peut aussi être provoqué par des dysfonctionnements des récepteurs de la dopamine, le neuromédiateur (molécule de communication entre les neurones) qui intervient dans le contrôle des mouvements et des muscles.

Ici, pour rétablir la fonction du système dopaminergique, des médicaments contenant de la dopamine ou des molécules ressemblant à la dopamine peuvent être prescrits pour activer davantage les récepteurs ne fonctionnant plus correctement.

Le sommeil : un paramètre lié au SJSR

« Moins on dort, plus on aggrave son syndrome et son ressenti douloureux » souligne le Dr Leclair-Visonneau, neurologue spécialiste du sommeil au CHU de Nantes, sur le site web du magazine Femme Actuelle.

Plusieurs mécanismes expliquent cette réaction en chaîne : un manque de sommeil provoque une fatigue, mais aussi, des perturbations dans la libération de certains neuromédiateurs et de certaines hormones.

Si la personne avec le SJSR subit des difficultés d’endormissement,  des insomnies, des micro-réveils ou un début d’apnée du sommeil, il faut alors consulter un médecin dans un centre spécialisé du sommeil.

Des examens approfondis permettront d’évaluer dans quelles mesures le SJSR impacte la qualité du sommeil.

Plusieurs conseils ou thérapies pourront être mis en place comme ceux faisant appel à des nouvelles règles d’hygiène de vie (heures régulières de coucher, éviter les siestes l’après-midi, pratique d’une activité sportive, environnement adéquat de la chambre, etc.), à des molécules pharmaceutiques, à la phytothérapie (consommation de plantes relaxantes et apaisantes comme la camomille, le tilleul, la mélisse, la fleur d’oranger, etc.) ou encore, à l’hypnose médicale.

Julie P., Journaliste scientifique

– Syndrome des jambes sans repos : les solutions efficaces. Femme Actuelle. Consulté le 8 août 2019.
– Système nerveux central et surcharge en fer. Les colloques de l’Institut Servier. Consulté le 8 août 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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