Sensations désagréablesSoulagement par le mouvementMouvements périodiques du sommeilTroubles du sommeilGravité des symptômesDifficulté du diagnosticÉvolution


Sensations désagréables dans le molletSensations désagréables

Sensations de fourmillement, picotement, brûlure, démangeaison, ruissellement, reptation, décharge électrique... nombreuses sont les manifestations du SJSR. Elles touchent surtout les mollets, un peu les cuisses, et plus rarement les avant-bras, en général des deux côtés, parfois plus d’un côté que de l’autre, rarement d’un seul.

Ces sensations se produisent plus volontiers lorsque les patients les appréhendent, en particulier dans des situations où ils savent qu’il leur sera difficile de bouger (cinéma, avion, train).

Au contraire, elles peuvent s’estomper voire disparaître lorsque leur attention est captivée (jeu, spectacle, conversation).

Elles n’ont rien de spécifique, et peuvent se voir dans de nombreuses autres affections. Ce qui caractérise le SJSR sont : le besoin de bouger qui accompagne ces sensations, leur survenue le soir et la nuit, au repos, et leur soulagement par le mouvement.


Soulagement par le mouvement

Ce besoin impérieux de bouger, de taper du pied, de bouger les jambes ou de se retourner dans son lit, de se tenir debout ou de se masser les jambes va soulager la gêne, parfois de façon prolongée.

Néanmoins, dans les cas les plus sévères, la gêne réapparaît dès la fin du mouvement. Ce sont ces patients qui sont obligés de déambuler tout ou partie de la nuit pour soulager leur gêne.

Ces mouvements, volontaires, qui soulagent la gêne, doivent être distingués des mouvements involontaires, qui se produisent le plus souvent au cours du sommeil, que l’on nomme Mouvements Périodiques du Sommeil (MPS). Ils ne font pas partie intégrante du SJSR, mais sont présents dans environ 80% des cas.


Mouvements périodiques du sommeil

Ces mouvements, involontaires, ne sont en général pas perçus par le patient lui-même, mais peuvent être observés par le conjoint.

Ils sont d’amplitude très variable, souvent limités à une extension du gros orteil ou à une flexion du pied, mais parfois concernent aussi le genou, voire la hanche.

Ils sont mis en évidence par des enregistrements polysomnographiques, réalisés au laboratoire du sommeil. Ces enregistrements montrent que ces MPS, d’une durée brève de l’ordre de la seconde, se reproduisent à intervalles assez réguliers, d’une trentaine de secondes, par séquences plus ou moins prolongées, principalement durant les stades de sommeil lent léger.

Surtout, chacun de ces mouvements s’accompagne d’une brève activation cérébrale qui se traduit par une modification de l’électroencéphalogramme, que l’on nomme « micro-éveil ». Ces micro-éveils, dont le patient n’est en général pas conscient, sont responsables d’une sensation de sommeil de mauvaise qualité , et parfois d’une somnolence au cours de la journée.


Troubles du sommeil

Parfois, le SJSR se manifeste au moment du coucher, suffisamment important pour obliger le patient à se relever, et donc gêner l’endormissement. Les patients sont alors conscients de la relation entre SJSR et insomnie.

Mais bien souvent, les impatiences s’estompent, et ne sont plus présentes au moment du coucher. Pourtant, l’endormissement est difficile, le sommeil entrecoupé d’éveils dont la cause n’est pas évidente, si bien que très souvent ces patients insomniaques ne font pas la relation entre la mauvaise qualité de leur sommeil, et leur Syndrome des Jambes Sans Repos. Pourtant, le traitement du SJSR va permettre l’amélioration de la qualité du sommeil.

Dans d’autres cas, en particulier lorsque les MPS sont nombreux, et fragmentent le sommeil, la gêne principale sera une fatigue et une somnolence durant la journée, dont la relation avec les impatiences des jambes n’apparaît pas évidente a priori.


Gravité des symptômes

Si les symptômes surviennent toutes les nuits, ils peuvent causer une gêne importante avec des difficultés d'endormissement, et/ou des éveils nocturnes répétés.

A terme, ceux-ci engendrent fatigue diurne, somnolence, troubles de la concentration et de la mémoire.

Mais tous les degrés de sévérité peuvent se voir, depuis une gêne très occasionnelle, dans certaines circonstances particulières jusqu’à des formes très sévères, avec des manifestations quotidiennes, altérant gravement la qualité de vie et les performances sociales et professionnelles.


Difficulté du diagnostic

La connaissance du SJSR est relativement récente, et sa véritable importance n’a été identifiée que très récemment, avec la mise en évidence des troubles du sommeil qui lui sont associés, et les grandes enquêtes épidémiologiques, qui en ont démontré la fréquence.

Il reste encore mal connu, et les symptômes sont volontiers attribués à d’autres causes, en particulier à des causes circulatoires, artérielles ou veineuses.


Évolution

Le SJSR, dans sa forme primaire, est une maladie chronique. Son expression fluctue dans le temps, et les symptômes varient dans leur intensité, de façon capricieuse, avec des périodes de rémission et d'exacerbation imprévisibles pour la plupart des patients.

Généralement, les symptômes tendent à augmenter avec l'âge. Leur évolution est modifiée par le traitement.