Un risque triplé de suicide et d’automutilation !

Sep 18, 2019 par

Environ 8,5 % des Français sont concernés par le syndrome des jambes sans repos, et 2 % ont des symptômes de la maladie plusieurs fois par semaine. Les troubles liés à cette affection altèrent le sommeil, mais aussi plus généralement la qualité de vie. Dans une récente étude, des chercheurs ont observé que le syndrome des jambes sans repos pouvait être associé à une augmentation du risque de suicide et d’automutilation.

Le Syndrome des jambes sans repos

Syndrome des jambes sans repos et qualité de vie

Le syndrome des jambes sans repos, ou impatiences, se caractérise par trois signes principaux :

  • Des sensations désagréables dans les jambes entraînant un besoin impérieux de les bouger ;
  • Une aggravation des symptômes pendant les phases de repos, en particulier le soir et la nuit ;
  • La régression partielle ou totale des symptômes en bougeant les jambes.

Le syndrome des jambes sans repos altère parfois considérablement la qualité de vie des patients, notamment en dégradant le sommeil (en quantité et en qualité) et en perturbant la vie socioprofessionnelle. La qualité de vie dégradée des personnes atteintes de ce syndrome pourrait-elle être à l’origine de conduites suicidaires ou d’automutilation ? Des chercheurs américains et chinois se sont penchés sur cette question.

Les conduites suicidaires et les automutilations en cas d’impatiences

Pour répondre à la question d’un éventuel lien entre les conduites suicidaires, les automutilations et le syndrome des jambes sans repos, les chercheurs ont analysé les données médicales de 24 179 hommes et femmes, atteints d’un syndrome des jambes sans repos (hors contexte de grossesse). Ils ont comparé les données avec celles de 145 194 personnes, de même âge et de même sexe, mais sans problèmes au niveau des jambes. Les données ont été recueillies entre 2006 et 2008, puis entre 2009 et 2014.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique JAMA Network Open. Sur les 169 373 participants de l’étude, 119 cas de conduites suicidaires et/ou d’automutilation ont été recensés sur une période de suivi moyen de 5,2 ans.

Un risque presque triplé de suicide et d’automutilation

Les données de l’étude mettent en évidence que les personnes atteintes d’un syndrome des jambes sans repos présentaient un risque plus élevé de suicide ou d’automutilation, que les personnes en bonne santé. Le risque apparaissait presque triplé (multiplié par 2,66), même après la prise en compte de facteurs susceptibles d’influencer le risque suicidaire, comme :

  • Le mode de vie ;
  • L’existence d’une maladie chronique ;
  • L’utilisation de certains médicaments.

De même, l’association entre le syndrome des jambes sans repos et les suicides et automutilations restait significative, une fois exclus les participants atteints des pathologies suivantes :

  • La dépression ;
  • Des troubles du sommeil, comme l’insomnie ou l’apnée obstructive du sommeil ;
  • D’autres maladies chroniques courantes, comme le diabète.

Cette étude permet de relier le syndrome des jambes sans repos avec une augmentation forte du risque suicidaire et du risque d’automutilation. Les patients atteints de ce syndrome doivent ainsi bénéficier d’une stratégie de prévention ciblée, pour réduire ces risques liés à la dégradation de leur qualité de vie.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Association of Restless Legs Syndrome With Risk of Suicide and Self-harm. JAMA Netw Open. Consulté le 16 Septembre 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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