Syndrome des jambes sans repos : récidive d’AVC augmentée en cas de troubles du sommeil

Juin 26, 2020 par

Et si les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) présentaient un risque majoré de récidive en cas de troubles du sommeil ? C’est ce que suggère une récente étude suisse selon laquelle un indice de sommeil permettrait de prédire la survenue d’événements cardiovasculaires ou cérébro-vasculaires suite à un AVC.

Homme qui ne dort pas bien

AVC et risque de récidive

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) touche chaque année en France près de 140 000 personnes et provoque environ 31 000 décès. Les personnes ayant subi un AVC présentent un risque de récidive de 30 à 40 % dans les cinq ans suivant l’incident. C’est dire combien la prévention de toute récidive est capitale.

À savoir ! L’AVC correspond à une obstruction ou une rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.

Et si les personnes ayant subi un AVC présentaient un risque majoré de récidive en cas de troubles du sommeil et de l’éveil ? C’est ce que suggère une nouvelle étude suisse présentée à l’occasion de l’édition virtuelle 2020 du Congrès de l’Académie européenne de neurologie, le 23 mai dernier.

D’après cette étude, les patients souffrant de plusieurs troubles du sommeil et de l’éveil présenteraient un risque accru de nouvel événement cardio-cérébrovasculaire (second AVC, accident ischémique transitoire ou encore infarctus du myocarde) dans les deux ans qui suivent l’AVC.

Un risque de récidive d’AVC augmenté par les troubles du sommeil

Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont recruté 438 patients ayant été hospitalisés suite à un accident vasculaire cérébral ischémique aigu ou suite à un accident ischémique transitoire. L’âge des patients inclus dans l’étude variait de 21 à 86 ans avec une moyenne de 65 ans. Les scientifiques ont évalué la présence de troubles du sommeil et de l’éveil, ainsi que leur gravité à 1 mois, 3 mois, 12 mois et 24 mois après leur AVC :

  • Insomnie
  • Syndrome des jambes sans repos
  • Durée du sommeil
  • Symptômes diurnes tels que la somnolence.
  • Troubles respiratoires du sommeil (évalués par respirographie dans les premiers jours suivant l’AVC)
  • Survenue de nouveaux événements cardio-cérébrovasculaires au cours des deux ans de suivi.

À savoir ! Le syndrome des jambes sans repos désigne un désordre neurologique défini par un besoin pressant et irrésistible de bouger les jambes. Cette maladie est considérée comme un trouble du sommeil parce que ces envies irrésistibles de bouger les jambes apparaissent principalement au moment du repos, le plus souvent en position couchée, le soir ou la nuit, à l’endormissement ou au cours du sommeil.

Les chercheurs suisses ont ainsi pu observer les résultats suivants :

  • Symptômes d’insomnie pour un peu plus d’un tiers des patients
  • Diagnostic clinique du syndrome des jambes sans repos pour environ 8% des patients
  • Troubles respiratoires du sommeil sévères pour 26 % d’entre eux
  • Durées de sommeil extrêmes, avec une tendance à dormir plus longtemps après l’AVC pour environ 15 % des patients.

En s’appuyant sur les données recueillies au cours des 3 premiers mois suivant l’AVC, les scientifiques ont calculé un « indice de la charge de sommeil » capable de refléter la présence et la sévérité des troubles du sommeil et de l’éveil chez chaque patient. Forts de ce nouvel outil, ils ont ensuite évalué si cet indice de la charge de sommeil pouvait être utilisé pour prédire qui était susceptible d’enregistrer un autre événement cardio-cérébrovasculaire au cours des deux années suivant l’AVC.

Il en ressort que plus les troubles du sommeil sont importants, plus le risque de récidive d’AVC est élevé. Les patients qui subissent un nouvel incident cardiovasculaire présentent en effet un indice de la charge de sommeil plus élevé que ceux qui n’enregistrent pas de nouvel événement entre 3 et 24 mois après l’AVC. De plus, un indice élevé est aussi associé à un risque plus élevé d’événements cérébro-cardiovasculaires ultérieurs.

De l’intérêt d’améliorer la qualité du sommeil des patients ayant subi un AVC

D’après les chercheurs, évaluer et améliorer la qualité de sommeil des personnes ayant subi un AVC pourrait ainsi aider à réduire le risque de récidive : « Nous savons que les personnes qui ont subi un AVC ont souvent des troubles du sommeil, et que ces derniers sont associés à de moins bons résultats de récupération après un AVC », ont expliqué les auteurs de l’étude.

Des études cliniques plus approfondies sont donc nécessaires pour analyser les avantages de traiter les troubles du sommeil et de l’éveil chez ces patients.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Restless Leg Syndrome, Novel Sleep Index May Help Predict Stroke Recurrence. MEDICAL DIALOGUES. Consulté le 15 juin 2020.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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