Difficultés d’endormissement et insomnies : si le SJSR en cause ?

Oct 31, 2019 par

5 et 10% des Français sont touchés par le syndrome de jambes sans repos  ou SJSR. Chez les personnes qui consultent pour des problèmes de sommeil, 10% d’entre elles souffrent du SJSR appelé également « maladie de Willis-Ekbom ».

insomnies

Des insomnies altérant la qualité de vie

Les signes cliniques du SJSR sont bien connus: au repos, en position assise ou allongée, la personne ressent des fourmillements, des picotements, des contractures et des secousses au niveau des jambes. Face à cette situation inconfortable, la personne ressent un besoin incontrôlable de bouger ses jambes pour calmer transitoirement ces sensations désagréables. Le SJSR touche davantage les femmes que les hommes.

On estime que 2% de la population française nécessite une prise en charge compte tenu de la sévérité de ce syndrome qui retentit sur la qualité de vie, en raison de la fréquence des insomnies… Ces  insomnies sont responsables de :

  • Troubles de l’humeur et de la concentration ;
  • Stress et anxiété ;
  • Augmentation du risque de complications cardiovasculaires.

À savoir ! Ce trouble neurologique serait lié à une carence en fer dans certaines régions du cerveau. Cette carence provoquerait un dysfonctionnement dans la régulation de la dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans le contrôle des mouvements. Une hausse de dopamine provoque une hyperactivité motrice.

Il existe deux formes de la maladie :

  • La forme primaire survient avant 45 ans et a une origine familiale (50% des cas).Elle est liée à une carence en fer.
  • La forme secondaire, survenant après 50 ans, s’est associée à d’autres pathologies comme la maladie de Parkinson, des lésions de la moelle épinière, des troubles métaboliques (obésité, diabète). La forme secondaire peut aussi être provoquée par la prise de toxiques, de médicaments ou par une carence en certains nutriments.

Comment traiter le syndrome des jambes sans repos ?

« Dès que les symptômes deviennent handicapants, il faut absolument avoir un avis médical » prévient le Professeur Yves Dauvilliers, neurologue et responsable du Centre du sommeil du Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, dans un article du Figaro.

Pour confirmer le diagnostic, le patient pourra être amené à réaliser des examens plus approfondis comme un enregistrement des mouvements pendant le sommeil, une recherche en carence en fer (dosage de la ferritine dans le sang) voire  une analyse génétique pour repérer une prédisposition familiale.

Si une carence en fer est identifiée, le patient recevra un traitement pour le supplémenter en fer.

Si aucune carence n’est mise en évidence, la Haute autorité de Santé préconise de :

  • Surveiller son hygiène de vie (alimentation, sommeil, activité physique) ;
  • Limiter la consommation de boissons excitantes (café, thé, alcool) ou de produits excitants (tabac, drogues, etc.) ;
  • S’astreindre à des horaires de coucher et de lever réguliers ;
  • Revoir la prescription de médicaments pouvant induire un SJSR (antidépresseurs, neuroleptiques ou certains bronchodilatateurs etc.).

Lorsque ces mesures ne suffisent pas à calmer le SJSR, le médecin peut prescrire au patient des agonistes dopaminergiques. Ces médicaments ont une structure chimique proche de la dopamine et vont empêcher son action en prenant sa place au niveau des récepteurs cellulaires. « Mais il faut faire très attention aux doses, parce que les symptômes s’aggravent si elles sont trop importantes » précise le neurologue.

À savoir ! es agonistes dopaminergiques ayant une indication dans les formes modérées à très sévères du SJSR idiopathique sont le Sifrol® (pramipexole) et le Neupro® (rotigotine).

Cependant, le bénéfice observé dans cette indication est modeste et les effets indésirables peuvent être graves comme la survenue de troubles du comportement ou d’aggravation des symptômes. Selon la Haute Autorité de la Santé  » Il faut donc éviter d’exposer à ces médicaments des patients ayant une forme moins grave du SJSR ».

Julie P., Journaliste scientifique

– Insomnies, réveils en pleine nuit…Et si c’était le syndrome des jambes sans repos ? Le Figaro-Santé. Consulté le 22 octobre 2019.
– Quelle place pour les agonistes dopaminergiques dans le syndrome des jambes sans repos ? HAS. Consulté le 22 octobre 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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